20 Juin – Et la montagne en flammes

Je traverse le parc naturel de Tamadaba. C’est soir, penchant crépuscule, aux épices de la nuit et aux teintes nocturnes.

Voyez avant l’heure du noir, la forêt s’embrasser, m’embrasser, comme une flamme exo-éro-tique, le long de la mèche d’une bougie.

Le parfum de la pineraie sèche se diffuse et gravit mes narines. Chapardeuse et grignotant les falaises abruptes, la mer de coton tangue et empêche l’incendie.

Et jusqu’à la fin du jour, les flammes brûlantes croquent et rousillent les pommes de pins, les éguilles inéligibles de nos coeurs tendancieux, les cimes de sapin verts résineux. C’est l’amour qui les tient.

Un troupeau égaré de moutons affairés, traîne et se prélasse encore sur les quelques centimètres de lumière grapillés au jour. C’est la beauté des hauteurs, folie des grandeurs, goût enjoué et éphémère des douceurs printanières.