12 Juin – À Agaete

Flanquée d’une digue escarpée, giflée par des vagues d’écume en rage, au creux d’un univers lunaire de montagnes arides et rocheuses. 
Agaete souffre, Agaete suffoque, Agaete courbe le dos et se plaint de soif, mais Agaete est là. Agaete respire et tient bon. Agaete s’accroche à son rocher.

Ce n’est pas forcément un endroit accueillant. Minéral et crochu, on ne sent pas non plus de douceurs venues du ciel, de la mer, de la montagne ou de la ville. Tout est presque violence. Les vagues sur les rochers, le vent sur les roches, le sable sur les rocs.

Pas de nature ici. Ou les deux palmiers rugueux devant l’église. Pas de nature. Aventure. 

J’ai du mal a me sentir bien dans ces lieux où tout pique, gratte, écorche, chahute, pince, balaye, pousse, charcute, frappe, croque. Le sel marin sur mes plaies, sur ma peau qui se graisse. Le vent salé dans mes cheveux, et la rocaille qui découpe mes pieds. S’asseoir fait mal, rester debout emporte, s’allonger est impensable. On se sent en trop. Je me sens mieux dans les forêts touffues.

Il y a cependant au moins un avantage. Je suis venu pour elles ; les salines. Dans des bassins, au niveau de la mer, remplis d’eau de mer, au gré des vagues, protégés de l’afflux et du reflux permanent, les anciennes salines sont la nouvelle plage. Des bains publiques.