Juin à marée haute

Le rivage esquinté de l’esquisse d’un récif. On me mène à l’envi, floâtrer sur la rocaille fantasque. Et la marée, chantante, que j’appelle mericurale, ploie sous le faix et veut m’atteindre.

La côte est si distante, et l’abîme se creuse, la marée monte, et sa versanie gonfle.

Surplombant la foucade océanne, j’écris le factum, insulte les flots. Je vilipende et assène d’une mémoire rétive, mes vilénies à la déesse des eaux. Je suis Rocomont.

Dérangées puis déchaînées, d’une faconde intarisssable, les vagues entament avec mignardise, leur acmé revencharde. Bandent leurs muscules et aboient. Roulent, blanches, marmoréennes, avalent mes pieds, ravissent mes molets, dévorent les jambes effrayées de leur victime rassurée.

Véniel. Je continue ma marche du progrès. La quête d’un ailleurs. Promenade rectiligne. Mais les amphigouris et les babils qui remontent des abîmes, entrailles du tréfond, m’assènent d’avanies, de blandices, moi, le fat des flots. Recru de désespoir.

Ce sont les turpitudes ravageuses du courant marin qui m’emportent. Ma morbidesse maladive tend à se rendre à la munificience maritime. 

Enfin et pour achever, sous le soleil vermeil, baigné de zizolin, je plonge dans le vespéral ; le zélateur des mers, l’astre solaire en témoin.

L’océan me tue sans révérence, sous l’onde pesante de lumière qui pleut. Il pleut de la lumière, on m’atteint sans révérence, munificience. Et au loin, le village littoral rit sous le soleil décadent. La mer me mange avec délice, sucule et se pourlèche, je suis sa fortune constituée de rapines. Qui fera rendre gorge aux auteurs de rapines ?

Qu’est-ce qu’on est bien lorsqu’il fait juin à marée haute.