Mai à l’arrosoir 

Il faut se mettre au jardinage. C’est parti. Bricolage. Combien de temps cela fait-il que je creuse, que je bêche ? Plante, coupe ou arrose. Et arrose. Et arrose. 

De la géante trompe verte canard, le liquide, vert fluide, fluide, coule doucement avec une extrême violence, sur les rondeurs colorées. Parfumées. Le long de la tige. Tige. Tige. Se répend. Amène fertilité et floraison. 

Les feuilles de satin, comme des feuilles de satin, envelopées de l’air frais du renouveau, ploient sous le poids du renouveau. 

Ici rien ne manque, rien n’excuse. Ici la flore de tes entrailles vertes poumon, est en pleine déliquescence amoureuse. Le plaisir du goût fruité. Défloration volontaire. Ici les courbures de l’eau, érotiques, donnent à la terre ses rondeurs, sa vicérale douceur.

Sensuelle et venant de loin, de profond, profondément lointain, distancément profond, le cri de soulagement des carottes et du choux, des plants de persil ou de rien du tout, éclate sous le soleil miroitant à travers le plastique pâle. Le métal bouillant.

C’est l’heure de la douche. Le système pluviométrique change, et du flot continu et brutal, une multitude de jets apparaissent soudainement. Fébriles encore. Fébrile pour finir ? Est-ce la fin ? La batterie est vide. Et dans un dernier soubresaut, élan desespéré du bassin, la matière fluide se termine en bouquet final d’une glaciale chaleur, presque acidulée.

Je retourne au robinet, remplir l’arrosoir.

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