Ralonge : Il en faut peu pour se diviser

Les nord-Irlandais auraient sûrement mille raisons de s’unir et se rassembler. Mais même si la situation s’est bien améliorée les dernières années, ils restent un peuple durement divisé.

Mais pourquoi sont-ils divisé ? Conflit religieux ? Ou enjeux politiques ? C’est avant tout un débat d’idéologies politiques. D’un côté les indépendants, les républicains, les révolutionnaires, les pro-réunification, les pro-Irlande. De l’autre les légitimistes, les loyalistes, les pro-monarchie, les pro-RU. Alors que vient faire la religion dans tout cela ? Et bien pas grand chose. Comme dans chaque conflit en fait, la religion sert de prétexte de division. Si il est vrai que les pro-Irlande sont plutôt catholiques et de gauche (leur parti, le Sinn Feín est de gauche radicale), et les pro-Royaume Uni plutôt protestants et très conservateurs (le DUP, leur parti, refuse toujours l’avortement), certains leaders du SF étaient protestants et vice-verça.

Je vais à Belfast. Visite du musée d’Histoire Nationale.


Belfast est une ville incroyable. Coupée en deux, encore un brasier. Les conflits entre les différentes communautés sont très fréquents. Vue rapide de cette traduction architecturale de la violence. Du haut de ces tours, quartier catholique, des slogans sont dépeints, soutenant la cause indépendantiste. Du haut de ces tourq devenues barres HLM, la police surveillait il y a encore vingt ans, la population et les conflits de rue, éclater dans les quartiers sensibles. Un simple drapeau brandit est toujours un énorme symbole politique source de conflits, provocation extrême. Ce mur sépare les quartiers catholiques et protestants du Nord de la ville. Les hauts filets retiennent les jets de bombes et d’autres artifices meurtriers ou provocateurs. Le long du périferique, la haute barrière blanche prévient des briques lancées sur les automobilistes et déjà coupables de tant de victimes.

Jeanette travaille au principal du pays. ….. Elle y est infirmière. Inifirmière Suédoise. Comment cela ce détail n’a pas d’importance ? Bien sûr que si ! Cet hôpital reçoit une très grande partie des vicitimes de meurtres ou de rixtes communautaires. Imaginez que les victimes protestantes refusent tous soins des médecins catholiques. L’inverse est également vrai. Alors Jeanette, athée est étrangère, sert de modératrice. Et elle en voit passé des cas ! Amputés par dizaines, grands blessés, on se croirait en guerre constante me dit elle. Victimes de bombe posée devant la maison, sous la voiture, attaque en pleine rue, attaque de gang… elle est bien contente de vivre dans la campagne, éloignée des conflits urbains. Pourtant, comme elle travaille ici depuis vingt-cinq ans, elle me confit que la situation va bien mieux. Je n’ose pas imaginer le passé, graine de violence semée pour le présent et le futur.

Les conflits ne sont pas simplement meurtriers, la tension est présente dans toute la société. Il n’y avait auparavent, à l’époque de la guerre, qu’une police protestante. Puis des quotas de membres catholiques ont été obligatoires. Mais le Sinn Feín, à tendance terroriste car opposé au gouvernement loyaliste, menaçait de mort les catholiques rejoignant les équipes policères. La tension est ainsi dans tous les secteurs. Exemple. Un employeur catholique pourra se faire menacer s’il embauche des protestants au lieu de catholiques. Et la police est si souvent si corrompue et faible par rapport aux mafias armées, que les plaintes sont inefficaces. Autre exemple : les projets de construction que l’état entreprend doivent la plupart du temps avoir un budget augmenté de 15% à cause du banditisme, voleurs qui dérobent le matériel de chantier pour le revendre… au constructeur. Pour les particuliers, le sort est le même. Pas de rançon, plus de voiture, plus de maison, menaces de mort. Histoire de donner la joie de vivre et l’envie d’investir à tout le monde.

Les péripéties du Brexit vont venir mettre du piment en Irlande du Nord qui s’est prononcée en faveur de l’Union européenne.

Prêt à découvrir ce Belfast instable en photo ? Attention, on a parfois du mal à croire ce qu’on peut voir tant la situation semble éloignée de notre réalité. (Et tant le sujet est peu évoqué en France)

⬆Graines de violence, attiseurs de haine, quoi de plus bel objet nationaliste que les drapeaux divieurs ? Orange, blanc, vert, c’est la République ! Du blanc croisé de rouge, que vive le Royaume ! La ville est découpée style Berlin-Guerre Froide, par un mur séparant les communautés.

⬆Côté républicain. Comment je le sais ? Le nom de la rue inscrit sur le petit panneau blanc est en anglais…. et en gallois ! Langue historique de l’Irlande.

Leq 

⬆ Entre deux maisons, tronquant les cours privées, j’aperçois quelques bouts de mur égarés. Plus de cinq mètres de haut. Je ne sais pas si on doit s’en sentir rassurés ou inquiétés ?

⬆ Les hautes tours de la banlieue, barres de HLM, renferment les communautés les plus recluses de la population. Ici républicaine, à en croire le drapeau en haut de la tour de gauche. À l’époque des conflits virulents, les bases blanches au sommet des immeuble, étaient l’observatoire de l’armée, surveillant les rues des quartiers de tensions.

⬆ La composition du mur (brique, tôle, grillage, filet, béton…) dépend de sa localisation. Je comprends que cela dépend de la nature des risques et tensions. Véridique : à quoi servent les hauts filets de sept mètres ? À retenir les explosifs balancés, ravageurs.

⬆Aujourd’hui de nombreux pans du mur sont décorés de messages de paix

D’autres parties, ayant été peintes en temps de guerre civile, sont préservées comme héritage historique. Mais les messages et les écritures ont été corrigées, pacifiées, car venant des temps ouvertement guerriers, les messages sont souvent ouvertement haineux. Les victimes de ces inscriptions dépendent de quel côté du mur elles se trouvent.

⬆Allez, dernière question : la paix apparente, rassurez-moi, c’est bien la fin des murs ? Sans doute qu’au contraire, ce sont les murs qui maintiennent la paix. Pour sortir de la ville, le long de la voix rapide, la longue barrière blanche, protège des projectiles assassins lancés sur les voitures. Jeanette a déjà rencontré leurs victimes à son travail, à l’hôpital.

⬆ Le plus désolant de l’histoire, est sans doute la prodondeur de la fracture. Certaines parts de la population (car oui, toutes ne sont pas plongées dans le conflit), ne paratagent même plus d’allégeance ne serait-ce qu’à une seule institution commune. Sur le sommet des barres HLM, dessin de violence, on peut voire le visage de martyrs et lire des textes demandant leurs libération ou des sommantions,  pour la justice, de mes reconnaître, promettant leur vengeance. Pour une communauté, tel mort aura été un héros mort en martyr, pour l’autre communauté, un terrorriste. Comment les ONG qui pourraient être une solution, peuvent alors parler aux deux communautés simultanément ? 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s