Sn26 F – Aller à l’école, l’école à la maison ou privilégier le jeu ? Ce que je conclus sur l’éducation des enfants

Ma famille d’accueil à Vienne n’utilise pas l’école comme moyen d’éducation des enfants. Ni avant ni maintenant. Les enfants ne font pas non plus l’école à la maison c’est-à-dire via des profs particuliers ou leurs parents. Les enfants ont 3, 6 et 9 ans. La plus grande sait lire, tous apprennent à écrire. 

À travers les multiples réunions et rencontres hebdomadaires auxquelles participe la famille, à Vienne et dans ses environs, j’ai eu l’occasion d’apprendre et comprendre la communauté du unschooling et ses choix. Voici donc l’idée que je m’en suis faite. 

-si toutefois c’est possible de raconter autant de rencontre et de pensées personnelles dans un simple texte-

ÉCOLE, PROJETS ET ÉCHECS

Mon premier constat est celui de la voie que je connais le mieux car je l’ai empruntée : l’école. 

Un constat mitigé pour le moment, et qui évolue au fur et à mesure de mes découvertes et des évolutions de l’école.

Le projet de Jules Ferry. École gratuite, laïque et obligatoire : grand projet révolutionnaire pour sortir les enfants des mines et des champs. En Autriche, l’école est obligatoire depuis que la reine a en un temps, eu besoin de combattants formés pour son armée.

L’école de la République en panne. Avec l’objectif magnifique d’éducation de la population du pays en réduisant les inégalités, l’école a depuis bien changé. Il faut dire que sans carburant, même la plus puissante fusée ne décolle pas. Alors pas étonnant que le cercle vicieux de la dégradation de l’école aboutisse à un ascenceur social en panne, c’est-à-dire à une reproduction voire une accentuation des inégalités sociales et culturelles qui conduisent aux inégalités économiques. La dégradation des conditions du métier (moins de personnel ; salaires moins avantageux; paupérisation du métier ; stigmatisation sociale du statut) amoindrit l’efficacité.

Un système en retard ? Je me questionne, c’est ce que la famille pense. Je me souviens d’une de leur réunion où après avoir montré deux photos de voiture datant de la fin et du début du 20e siècle, ils avaient fait de même avec une salle de classe, pour montrer que contrairement à nos technologies, nos méthodes de pédagogie avaient relativement peu changé. Briser la confiance, notes qui écrasent et deviennent un objectif à elles même, peur d’échouer, pression sociale, ennui, manque d’intérêt… en plus de son problème de moyens, notre pédagogie mériterait-elle d’être remise à jour ?

ÉCOLE À LA MAISON, OU NON ?

Une éducation spécialisée

Bien qu’il existe des examens obligatoires pour les enfants « faisant l’école à la maison », l’enseignement est plus libre et c’est pour moi un premier point positif. Les livres à lire sont choisis, les heures de cours aussi, les devoirs légers… une réelle éducation sur mesure, une bouffée de liberté dans l’éducation, souvent contrainte.

Une éducation-cocon trop spécialisée.

Mais si l’éducation à la maison suit des programmes obligatoires, elle reste sans doute bien plus encore inégalitaire que l’école de l’éducation nationale puisque son fondement même est l’incorportaion d’un autre facteur dans l’apprentissage : les parents. Alors, pas étonnant que tout le monde ne puisse pas se permettre ce type de pédagogie. L’école à la maison demande des moyens, des savoirs froids et chauds, de la pédagogie, de la disponibilité. Une école alors encore plus inégalitaire. Efficace pour ceux qui auront les moyens et moins pour ceux qui en ont moins. Est-ce la solution ?

UNSCHOOLING, UNE SOLUTION

Au même titre que l’éducation à la maison, le unschooling, l’absence d’école sous forme d’apprentissage par des cours, possède certains défauts. Même si le unschooling propose aussi des solutions. Cette méthode de pédagogie est en fait extrêmement novatrice et totalement différente.

Une éducation humaniste
C’est une éducation qui repose sur la confiance. Celle que les parents doivent permettre aux enfants de développer pour croire en eux, en leurs idées, leurs plaisirs, leurs voeux, leurs projets. Voilà le but même que j’ai pu comprendre du unschooling. Les enfants sont encouragés et accompagnés dans toutes leurs démarches pour qu’ils se mettent à croire en eux et à toutes les choses qu’ils entreprendront. Voilà le but : une fois confiants, jamais ils ne douteront de leurs capacités à réussir quelque chose qu’ils surmonteront par l’effort. Leurs intérêts font le reste, il n’y a pas de programme obligatoire, les parents ne doivent pas les contraindre dans leurs choix où leurs voix. Par leurs découvertes, les enfants vont eux-mêmes développer des intérêts divers en fonction de leurs caractères. Et leurs passions deviendront professions. Un seul exemple : le fils du très célèbre -dans le milieu du unschooling- André Stern, s’intéressa par exemple à la guitare dès l’enfance et il devint luthier plus tard et en fit son métier 

Une éducation d’expériences et de jeu

Voilà les moyens dont nécessite la pédagogie du unschooling. L’expérience et le jeu. Il faut dire que ce sont eux qui contruisent un environnement propice à suciter l’intérêt des enfants pour des domaines aussi variés soient ils (musique, langues, peinture, lecture, calcul, zoologie, biologie, technologie, cuisine, histoire, économie). Des intérêts qu’ils développeront ou non pour en vivre plus tard ou non, mais qui formeront leur propre personne. 

« Respecter le jeu des autres ». Ne jamais interrompre les autres en train de jouer, voilà une des règles principales à la maison. On joue partout, du réveil au coucher, du déjeuner au dîner, et sans doute dans nos rêves.

Les expériences se font en suivant les parents dans leurs activités, en côtoyant le monde des adultes. Beaucoup d’adeptes du unschooling ne comprennent pas la volonté de l’école de séparer les enfants par âge et de les cloîtrer toute leur vie avec des personnes de leur génération. « Est-ce ainsi dans la vraie vie ? » me demandent-ils. Lorsque la famille va sur un chantier, les enfants côtoient les maçons, dans une jardinerie, les jardiniers, à la boulangerie, le boulanger, à la fromagerie, la fromagère. C’est vrai que les enfants ont de nombreux amis adultes.

Une éducation périlleuse

Mais quelle aventure ! Qu’est-ce que la pédagogue unschooling est compliquée ! Je ne parle même pas de l’énergie ou la disponibilité ni des connaissances qu’elle nécessiste mais, c’est une réelle étape d’avoir 24h sur 24 à s’occuper de ses enfants. De plus, c’est une période sous haute tension car ce n’est pas dit qu’elle porte ses fruits. L’école usuelle non plus, mais les enjeux sont à mes yeux encore plus gros à propos du unschooling. Il faut des parents prêts, motivés, passionnés, disponibles, … et patients !, bref énormément de nécessités qui ne sont pas données à tout le monde (avoir des livres, des jeux, de l’espace,  du temps’ un réseau d’amis pour échanger sur le unschooling…). En tous cas pas à toutes les classes sociales.

LIBRE CHOIX ET REFONTE DE L’ÉCOLE RÉPUBLICAINE

Le multi-choix

Et si c’était finalement la solution ? Accepter et combiner toutes les pédagogies car tous les enfants et toutes les familles sont différentes. Une pédagogie peut aider un enfant alors qu’une autre sera meilleure pour d’autres. L’école serait modulable, ajustable, la décentralisation serait poussée à l’extrême, et tous les enfants suivraient la voix leur convenant le mieux pour se construire. Pourquoi pas même rendre possible les combinaisons de pédagogies différentes.

Refonder l’école républicaine

En même temps, l’école devrait être refondée, car elle n’apparaît plus aujourd’hui comme une des solutions mais comme un des problèmes. Redonner des moyens, humains, matériels, financiers, pour améliorer les conditions de travail et donc ses résultats et refaire partir l’ascenseur social. En même temps, une nouvelle approche pédagogique pourrait être trouvée, rendue possible par ces nouveaux moyens alloués. Les moyens humains pourraient permettre un enseignement plus humain et personnalisé, les moyens financiers permettraient de revaloriser le métier pour le rendre digne et par la même voix, améliorer le travail effectué ainsi que combler le manque actuel de vocations. Les moyens financiers serviraient aussi sur le terrain pour rendre l’école 100% gratuite et renforcer les moyens alloués aux travaux pratiques, aux voyages et projets d’ouverture culturelle pour que tous les enfants aient accès à un capital culturel digne de notre pays.

Ma préférence pour l’éducation nationale

Bien sûr ma famille eat largement ancrée dans l’Éducation Nationale, mais c’est bien plus que cela qui me fait préférer la structure d’une École Républicaine gratuite, laïque et obligatoire.

Distinguons structure et pédagogie. La pédagogie actuelle est à améliorer, mais la structure, au système imparfait, est pour moi un idéal atteint.

Je suis pour le moment pour un état fort, décentralisé mais fort. Et la décentralisation a des limites. Il faut qu’elle nous permette de garder une base commune, car être Français.ce est ni une couleur de peau, une langue, un territoire, une culture ou des traditions. Etre Français c’est conçevoir un idéal, Liberté Égalité Fraternité. Et cet idéal, l’école est là pour le perpétuer. Comment dès lors imaginer un programme d’études changeant selon ses territoires ? Comment imaginer une gratuité seulement partielle ? Comment imaginer une pédagogie dépassée ? Un ascenseur social en panne ? Des écoles religieuses payées par l’état ? Je soutiens une école républicaine actualisée, apportant des réponses aux problèmes de notre temps, à la pointe de la diffusion de cultures transmettre les idéaux républicains.

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