St4 F – Sociologie des repas

Je m’amuse à découvrir les us et coutumes de mes nouveaux hôtes à chaque arrivée. Le repas est toujours un moment surprenant : on pourrait croire qu’un repas est quoi qu’il arrive un repas. On mange tous, point. Tous les repas sont pareils ? Absolument pas. Et c’est incroyable comme j’ai trouvé révélateur de la classe sociale, le déroulement de ces temps quotidiens.

Je vais prendre quatre exemples qui seront les lettres A, B, C, D et correspondent à des expériences vécues chez quatre hôtes différents

A/ La cuisine, activité des infirmiers diplômés.

Ce premier exemple se déroule dans une famille monoparentale. La mère est infirmière mais avec un grade supérieur. Elle travaille la nuit et rentre dormir le jour. Sa fille qui va à l’école vit, comme tous les enfants allant à l’école, sur le rythme inversé.

Mes remarques : Les repas sont toujours cuisinés. Une, deux, parfois trois heures nécessaires. La mère tient à accompagner sa fille dans son insertion dans le rythme de l’école, et se colle donc à ce rythme, même si elle doit du coup manger en inversé par rapport à son quotidien. Prêt pour un diner au matin ? 

Critères :

Bio : 30%

Respect des cultures saisonnières : 0%

Supermarché : 95%

Plat cuisiné à la maison : 100%

Grignotage entre les repas : possible mais pas fréquent

Habitude alimentaire : omnivore et équilibré

Autre : cuisiner est un luxe, on y consacre du temps. C’est une activité de plaisir.

B/ Le repas utilitaire des ouvriers et employés.

Un père mécanicien à son compte, une mère employée d’une entreprise pour des travaux en physique. Deux enfants, adolescents. Un chien, très présent.

Mes remarques : Le repas est un loisir. On vient à table ou non, selon la faim. Le repas a une fonction régalienne : assouvir l’estomac. On quitte le repas quand bon nous semble, comme on en est venu, une fois repus. Les filles, mère et fille, restent jusqu’à la fin car se sont elles qui débarassent et nettoient. C’était pourtant déjà elles qui avaient préparé le repas. En plus de la famille, le chien mange également à table. Pas étonnant, lui aussi à faim.

Critères :

Bio : 0%

Respect des cultures saisonnières : 0%

Supermarché : 100%

Plat cuisiné à la maison : 20%

Grignotage entre les repas : facilité par les assiettes de sucreries disposées dans chaque pièce.

Habitude alimentaire : carnassière et peu de légumes

Autres : soda à l’orange et eau en bouteille sont les deux boissons de la journée

C/ Le devoir de manger pour les paysans.

Couple d’agriculteur sans enfant à la maison

Mes remarques : Élément révélateur décisif, lorsqu’une personne a fini sa soupe, ou son bouillon, on déplace directement sur le côté son assiette et son couvert, comme si il s’agissait d’une corvée achevée.

Critères :

Bio : 60%

Respect des cultures saisonnières : 70%

Supermarché : 30%

Plat cuisiné à la maison : 90%

Grignotage entre les repas : possible. Placard à « snack » fourni.

Habitude alimentaire : omnivore et équilibrée

Autres : même si je rappelle que je ne prends pas de viande, on m’en sert dans la soupe avant de la servir. Je ne leur en veux pas. Pour eux repas s’apparente à une tâche à faire. Alors pourquoi vouloir choisir ce qu’on mange avec de telles restrictions ? Je comprends que cela soit complexe.

D/ L’acte social du repas pour les cadres et CSP +.

A Vienne, les parents travaillent à la maison via leur ordinateur, ils dévouent une grande partie de leur temps à leurs enfants… puisque la famille pratique le unschooling. L’école comme nous la connaissons ne fait pas partie du programme des enfants, et n’en fera jamais partie. Ils vivent de jeux et de rencontres familiales, s’éduquent dans les résaux des parents, au sein de leur famille, entre eux…

Mes remarques : nous mangeons peu et pas forcément cuisiné. Ce qui compte, ce sont les discussions. Nous passons couremment plus d’une heure à table, tout le monde prend la parole, au sujet : vie de famille, tracas personnels, prochaines vacances, jeux, musique, politique… Le repas n’a plus la fonction triviale de se nourrir mais la fonction de lien social. Il devient un réel acte social en s’inscrivant dans le processus de la socialisation

Critères :

Bio : 100%

Respect des cultures saisonnières : 100%

Supermarché : 5%

Plat cuisiné à la maison : 50%

Grignotage entre les repas : possible mais pas fréquent sinon du lait de riz au miel

Habitude alimentaire : omnivore et équilibré, plutôt végétarien

Autre : cuisiner se fait en cohérence avec les valeurs, la famille vote vert et cuisine 100% bio local et de saison. Cuisiner se fait dans l’atmosphère du repas, c’est également un moment où on discute à deux. Mais bien souvent, la cuisine au sens gastronomique est relayée au second plan face à la sociologie puisque les repas deviennent de véritable actes sociaux : on parle, on apprend, on interragie, on crée les liens sociaux forts, on discute, on débat, on forme la famille…

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