TUE, 3 Jan – Exilé exténué

5h15

Malheur : le doute s’emplifie. À quoi bon manger et boire ? tout est futile, rien n’est utile.

Manger est aussi futile que d’ouvrir les yeux, s’habiller, dire merci ou mettre des chausettes dans les chaussures. A contrario de toutes ces autres choses, manger permet de vivre. Mais vivre est également futile. C’est inutile, sans sens ; sans conséquences sur rien qui n’est de l’importance donc sans valeur. Car rien n’a d’importance. Rien n’a plus de valeur qu’autre chose. Devant la mort, tout est mis sur un pied d’égalité. Le pauvre, le riche, l’opulent, le misérable, dormir, veiller, aimer, détester, bouger, rester immobile. Merci la mort d’être cette justice que personne n’ose et n’a la force d’être. 

Si on ne veut pas mourir, c’est qu’on s’attache à des choses sans importance. Ou du moins sans plus d’importance que quoique ce soit. Mourir n’est pas une fin en soit, c’est un des étapes du processus scientifique de la vie. Assemblées comme nous sommes, les molécules constituent tout dans ce processus de la vie. Il ne faut pas être triste de mourir car les molécules restent et formeront d’autres choses et notemment d’autres vies. La théorie de la réincarnation est sans doute beaucoup plus scientifique qu’on le croit puisqu’elle pose ses bases sur des faits de sciences qui n’étaient pas alors connus lors de la naissance de cette croyance. Ce qui veut certainement également dire qu’elle n’a rien de scientifique puisque cet accord était inconscient.

Alors devrait-on protéger notre planète, en tant qu’humains, étant donné que nos molécules continueront d’exister dans le monde futur ? Autant prendre soin de notre environnement pour permettre aux molécules une existance future sereine. Je ne sais pas. Pourquoi est-ce important que les molécules vivent ? Il ne faut pas s’attacher à la vie comme à un fétiche. Du moins je ne le pense pas. Qu’est-ce qui a de la valeur alors ? Je ne sais pas. Rien sans doute. Il faut que je réfléchisse plus.

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14h06

Je suis malade. Depuis trois jours. Pour la première fois. Depuis septembre. Un mal de ventre et de tête et de tout combiné. Un mal d’esprit. Penser me fait mal, me lever m’ennuie, parler me lasse, me laver me rend triste, être poli est ridicule, manger est fatiguant. Une seule chose trouve étrangement grâce à mes yeux. Lire. Je trouve que c’est la seule chose utile car elle permet d’apprendre. Et apprendre est utile car cela permet d’être conscient. Et la conscience est la seule chose valable car elle permet de comprendre, comprendre qui permet lui même de passer une vie consciente c’est-à-dire apaisée, entière, lucide face aux vrais problèmes de notre existance. La lecture amène la connaissance qui permet le recul sur nous même, l’interrogation, la compréhension, donc la perte des peurs et finallement une vie sereine.

Comme le précise Camus dans sa philosophie de l’absurde, la vie n’a pas de but donc pas de sens. Il nous apprend également que les objectifs que nous nous trouvons sont illusoires, ce ne sont que des prétextes d’organisation de la vie pour lui donner un sens et rendre l’attente de la mort moins longue et lugubre. Oui, il faut attendre la mort et non la rejoindre de nous même. Le suicide n’est qu’une autre illusion, un refus de regarder la réalité en face. C’est selon Camus, un échappatoire illusoire comme la religion ou les moeurs sociaux qui régulent nos vies en nous donnons un but. 

Il faut regarder la mort en face, l’accepter. Pour rendre cette attente je propose une seule solution, la lecture qui rend nous fait comprendre les vrais problèmes existentiels.

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22h51

J’ai trouvé un autre sens à la vie : l’amour d’autrui. Autrui, ce sont notre propre personne et tous les autres êtres vivants. Aimer autrui, c’est-à-dire permettre à tout le monde de vivre dignement, est l’autre valeur fondamentale sensée que j’ai découvert. Comme rien n’a d’importance, comme on attend tous, il n’est pas juste qu’on n’ait pas tous accès à une vie décente, car la justice est la valeur mortuaire par excellence et donc la seule valeur qui ait réellement de l’importance. Toute les autres valeurs qui existent pour la supporter sont sensées, mais seulement dans le sens où elles la soutiennent.
Je crois que j’aime trop lire Kundera. La prochaine fois je vous raconte son livre qui me rend malade.

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