Tues, 29 Nov – Sourires sales

Misère heureuse, insouciente pauvreté, naïve gaité et sourires sales.

La joie attendrissante des enfants est incroyable quand on découvre leur train de vie.

Le dimanche, mercredi et vendredi soir, les volontaires rejoignent le camp pour servir thé et café. Et jus d’orange pour les bambins. Nous jouons aussi à la corde à sauter avec eux, ou aux brigands et au voleur Ali baba. 

Quand on rentre dans nos confortables locations, je pensent encore à nos jeux et à la nuit qui arrive, alors que je passe, les barrières du camp. 

Ces barrières ne sont pas qu’une simple clôture réelle. Déjà, c’est un mur de grillage couronné de barbelés, composé de plusieurs couches qui se succèdent. Comme si après avoir passé par dessus un obstacle d’acier de trois mètres de hauteur, il pouvait encore rester le désir d’en franchir un second. Le mur matériel est donc bien là, servant d’épouventail aux tentés par l’escapade. 

Je ne sais pas pourquoi on autorise une telle violence devant des gens innocents, devant des enfants, des mères, des pères de famille… mais bâtissant de tels remparts, les autorités ont tout de même convaincu les voisins d’enfaire autant. Et du coup, entourent leur moindre parcelle d’herbe sèche par des pics de fer et de la feraille aiguisée.
C’est la guerre, sauf qu’il n’y a que d’un côté où l’on est prêt à livrer le combat.

Le mur à présent inutile, le camp de Samos est (non)officiellement ouvert, il reste en place, sur ses lourdes fondations de béton, surveille les passages, les entrées, pourtant bien autorisées. 

A quoi sert le mur et les barricades, les portails, les grillages, les filets ? à rien ? à capter les oiseaux, les retenir en vol, et avec eux l’espoir ? En tous cas on ne peut pas faire comme s’il n’y avait rien. Imposant et omnipresent, il rappelle aux adultes, que la fuite est impossibles, aux rêveurs la réalité, aux angoissés l’angoisse et aux jeunes l’abscence de futur. Finallement, il n’y a que les enfants et quelques artistes cachés qui osent s’en approcher, et faire jicler les couleurs sur le fond de l’air gris. 

Les enfants enjoués, sous le soleil d’automne, continuent à jouer, continuer d’étonner et continuent de vivre car ici vivre c’est jouer.

3 réflexions sur “Tues, 29 Nov – Sourires sales

  1. michel renou

    Très intéressante suite d’articles que je lis régulièrement, sans toujours réagir, simplement derrière mon clavier. Le journalisme t’irait bien. Profites-en.

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    1. TIM

      Très touchant message, d’autant plus que je sais de la part de qui il vient. J’ai été moins régulier ces derniers temps, j’espère que ça n’a pas chambouler les lectures ! À ajouter avec cette expérience, voici un article que j’ai écrit sur Radio Londres, une sorte de Médiapart pour les 15-25 ans. https://www.google.se/search?client=tablet-android-samsung&source=android-browser&ei=Uu5NWP3hC8SrsQHIvpfYCQ&q=radio%2Flondres%3Amigrants+accueil&oq=radio%2Flondres%3Amigrants+accueil&gs_l=mobile-gws-serp.3…10884.13406.0.13700.10.8.0.0.0.0.121.541.7j1.8.0….0…1c.1j4.64.mobile-gws-serp..2.0.0.PYrqavtRiDQ

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