Fri, 18 Nov – Les premiers rayons de la capitale 

J’ai laissé mes affaires derrière moi, mes amis, ma chambre, le balcon. Pour une semaine ou deux, je n’ai plus qu’un sac à dos gonflé à bloc de provisions et d’habits chauds.

Quelle merveilleuse aventure !, il m’arrive rarement de me rendre autant compte à quel point cette exclamation est vraie.

Je me suis levé avant l’aube. J’ai déposé un mot devant les portes de mes meilleures rencontres, et j’ai tourné le dos. J’ai fait du stop jusque Vathy. Parfois la route était tellement morte et déserte que le seul mouvement que je perçevais, c’était celui de mes bras, frissonant. Même le vent a pris congé.

Je suis arrivé à Vathy en même temps que les rayons. C’est vraiment une très belle ville. De loin, elle n’en a pas l’air, mais il faut la pénétrer, la découvrir, l’explorer. C’est le genre de ville à la grecque avec des écarts de développement incroyables : à quelques pas du centre, il y a des fermes en pleine ville, des bascours et des chèvres. La rocade qui contourne la ville contraste elle aussi avec les rues si vieilles et pentues qu’on ne peut qu’y circuler à pied.

Vathy semble avoir été posée au fond de la baie, sans doute parce que le port était un atout formidable, mais les bâtisseurs ne semble avoir pensé qu’à cela. Accrochée aux montagnes, la ville est entravée par des crevasses qui coupent les pans escarpés. Dans certains d’entre eux, coulent des ruisseaux, si bien que certains quartiers de la ville pourtant juxtaposés, sont très mal connectés. 

Les maisons semblent être des cubes blanc couvert de tuiles oranges ou de bric et de broc, qu’on place les uns sur les autres car les pentes empêchent les construction étendues au sol. 

Les potagers sont un véritable vivier d’oiseaux qui se révèle toujours plus surprenant : pas de pigeons, pas de moineaux, Vathy est traversée par des goélans, des hérons, des mouettes, des cormorans, des mésanges et par des geais. Cela dépend de si vous vous trouvez dans la Vathy de la mer, ou dans celle de la montagne.

Chose surprenante, la ville est pourtant une ville de chats : je n’en n’ai jamais vu autant. Toutes les poubelles ont leurs quatre chats, toutes les maisons ont les leurs, les rues, les avenues, les pots de fleur oubliés et les jardins cultivés aussi. 

J’habite haut dans la montagne, dans une petite chambre que je partage avec un britannique, avec une large vue sur l’ensemble de l’estuaire et un grand jardin urbain. Nous logeons à la Neapolis Pension qui se situe dans le quartier de Neapolis.

En venant, comme je ne trouvais plus mon chemin, j’ai interrogé une dame très âgée, appellée en grec gyiagyia. Elle a arrêté de nettoyé la rue, a posé son balai sur le grillage en métal rouillé, et est rentrée chez elle. 

Deux minutes plus tard, elle est ressortie avec un manteau et une portion de biscuit fait-maison qu’elle m’a offert avant de m’accompagner à la Pension.

Le Monde Diplomatique sous le bras -on me l’a donné, je suis descendu en ville acheter des oats pour le déjeuner, avec les biscuit grecs au pain d’épice.

Au soleil, sur une place à mi-hauteur de la montagne, j’ai regardé une école primaire en contre-bas, les enfants sortis dans la cour pour une séance de sport. Et sincèrement, j’ai vraiment eu l’impression de comprendre ce que ça voulait dire grandir.

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