Fri, 14 October – la Grèce au quotidien 2/5 – Métiers 

Pêcheur à la ligne, fermier, berger, prof de grec improvisé, du long des côtes de l’île, ven d’euros à l’arraché, jusqu’au centre des villes, vous trouverez en flânant en Grèce des métiers qu’on pouvait croire disparus.

Car la crise qui amène le chômage n’est plus alors uniquement cet amas de chiffres coincé dans des courbes et des graphiques. 

Ici avec la crise -ou pardon, avec l’austérité car au bout du compte, c’est la solution de l’appauvrissement qui menace-, c’est un retour dans le temps qui s’opère. On retourne plusieurs décennies et même des siècles en arrière !

Une déclaration qui paraît exagérée ?  vous avez raison, ce n’est qu’une apparence d’amplification car la réalité est parfois pire.

Avec un chômage de masse, le chantage à l’emploi va de bon train et les minimisations des salaires deviennent coutume.

Quand on sait que quelqu’un qui travaille dans un kiosque de rue, un περίπτερο (périptéro), 10h par jour, de 9h à 7h, sans vacances, sans retraite, sans week-end ni jour férié, gagne 330euros par mois, on comprend pourquoi de nombreux grec.que.s retournent aux champs et à la chasse aux sangliers ou aux poulpes, car c’est là le dernier moyen de se nourrir sans trop d’argent.

Achetez un filet des hameçons, un piège ou deux et peut-être un fusil avec quelques balles, si vous avez de la place et une ferme, ajoutez-y quelques poulets et un chien pour les défendre, une chèvres ou deux, histoire d’avoir du lait et de la viande en hiver, glissez-quelques graines de laitue, de tomate, de navet, et un arbrisseau ; un olivier.

L’austerité pour soigner de la crise, c’est la fin des métiers qualifiés, reconnus et valorisés. C’est  comme signer la mort du peuple, le petit comme le grand, comme ceux qu’en France on appelle les « sans-dents ».