(1er) Octobre au grès des vagues

Une fois n’est pas coutume.

Écrire en une langue étrangère demande bien des contorsions de l’esprit. Et même si j’use de tournures francophones, écrire en anglais reste compliqué ou du moins contraignant. Car certains linguistes différencient au cours de l’apprentissage deux étapes majeures : relater des faits, partager des émotions.  Indubitablement, concernant l’anglais, je n’en suis encore qu’aux faits -et pas au point le plus avancé. Voilà donc pourquoi l’écrire est bien moins passionnant : je pourrais vous raconter tous les événements les plus précis, exacts, minutés,  cela étant que sans émotions… vous ne pourriez pas en saisir la profondeur et la joie qui les accompagnent. Vous ne saisiriez pas le plus important, vous ne comprendriez pas vraiment.

Une fois n’est pas coutume ; je m’offrirai donc à présent quelques instants de répit, brèves minutes mensuelles, pour vous écrire un post par mois, en français. 

Octobre au grès des vagues ; une fois n’est coutume.

Quand on y pense, ça n’arrive pas souvent. Mer égal soleil, égal plage, égal été. Je crois que ça ne m’est d’ailleurs jamais arrivé. Jamais arrivé de goûter à l’eau si fraîche d’octobre, l’eau vert canard, l’eau bleutée ; tout dépend du soleil et de sa trajectoire. Car les experts vous diront que l’astre céleste est régulier mais sous les nuages il fuit, se cache et nous abandonne. Belle, glacée, rebelle, troublée, le vent emporte l’eau et l’écume et les éclate contre les rochers. Le premier symptôme de l’automne et de la saison froide, ici, c’est le vent. La brise amène la pluie, la bourrasque appelle les habits chauds. Octobre au grès des vagues. C’est une chose que je n’oublierai pas. Continuer de marcher pieds nus sur les rochers esquintés du rivage, se couper sur un angle tranchant, détester le sel marin qui démange dans l’eau et l’adorer aussi, car ces blessures ont quelque chose d’extrême qu’on adore…

Face au vent permanent, inspirer. Se dire que tout est possible, expirer. Qu’il suffit de le faire pour que cela se réalise, respirer. Ou qu’il suffit même bien souvent de le choisir car nos actes sont guidés par nos choix.

Mélange de douceurs et amèretume Octobre promet d’être une drôle de saison. Les précipitations diluviennes reverdissent les vallées, les sommets des montagnes, les forêts. Toute la Nature revêt son manteau vert aux mille teintes et surprises. Comme à un rendez-vous, elle se prépare, elle s’active, elle renaît des cendres estivales, des arbustes désséchés, des vallons assoiffés. Partout on la retrouve plus généreuse qu’hier. 

Un vrai délice de la voir lentement sous la brise, la bruine, la pluie et le vent, retrouver ses couleurs. Ses couleurs qu’on adore et qu’on attend.

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