Tues, August 30 – Le vent de la rentrée

Pour moins de 500 km², Samos compte 32.000 habitants. C’est-à-dire moins que Romans pour un espace une quinzaine de fois plus petit environ. Mais en vivant à Samos, et les locaux le vous le disent, on s’aperçoit que ces chiffres ne veulent rien dire : prenons comme simple exemple, le fait qu’entre l’été et l’hiver, la population est divisée par quatre ! Car oui, si 32.000 personnes habitent officiellement sur l’île, ils ne sont plus qu’environ 20.000 à y vivre l’hiver -les autres partant travailler sur le continent ou en Turquie. Et lorsqu’on se rend compte de la force toursitique, cette émigration se comprend : en été avec les touristes, Samos compte jusqu’à 80.000 voire 100.000 personnes ! alors forcément, la saison des pluies, la rentrée et la fuite des touristes annonce une baisse d’intensité de l’activité. 

Pour les lectrices et le lecteurs de ces chiffres, tout cela reste abstrait, pourtant ici, le chamboulement est quotidien. Aux dires d’un conducteur qui nous a pris en stop hier, c’est même la monotonie, l’amerthume aussi, qui submergent l’île à ce moment crucial de l’année : six mois d’activité, six mois de nostalgie. Et il nous racontait comment les bars, les restaurants, les épiceries aussi et les boutiques de touristes fermaient. Avec ça, les musées, les kiosques, les attractions touristiques, les boîtes de nuit, les taxis se raréfient et tout s’endore pour six longs moins où l’île ressemblerait plus à une coline endormie qu’à la belle Samos estivale. Et imaginez ! malgré le rétrécissement du monde, de nombreuses îles restent enclavées, et les activités d’une population de 20.000 pour 500km² sur une île n’a strictement rien à voir avec une autre, bien que semblable, sur le continent, et qui est, elle, inévitablement visitée par toutes les populations voisines ! Non, non, comment l’expliquer ? la seule façon de voir venir le retour des beaux jours est d’attendre l’été.

Et ici aussi, à Archipelagos, la relève est attendue ; au fil des jours les volontaires disparaissent, les dortoirs se vident, les bureaux sont nettoyés, ordonnés  et demeurent vides. Mais cela ne saurait durer car même si nous ne sommes plus que 31 -contre 120 au paroxysme de l’été-, début septembre, une nouvelle vague d’étudiants viendra revitaliser la base. Tout au long de l’année, la base reste donc très peuplée, du moins, relativement ; c’est une sorte de gros village et beaucoup même dans la montagne de Samos n’ont pas cette taille.

 Les fêtes sur la plage sont en ce moment quotidienne, et les repas au restaurants – pardon ταβέρνα – très courants aussi. Cela fait bien longtemps qu’on ne peut plus compter les embrassades, les adieux, les larmes -évidemment- et les au revoirs. Et si je vous raconte tout cela, chères amies, famille adorée, c’est pour vous montrer la rentrée pointe partout son nez : îles isolées inclusent !

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