Sam. 20 Août – Le souffle léger de l’île

Sur Samos, les week-ends sont ce qu’on aurait envie d’appeler des jours doux ; le soleil surplombe la vallée dans un ciel d’été parsemé de timides nuages effilochés par le vent. Lorsqu’on sort des dortoirs, on n’entend alors que le bruissement des feuillages des lauriers blancs et roses qui bordent le chemin menant à la base, clairsemé d’oliviers. Ces jours-là ressemblent à des vacances paisibles. Et quelques rires de volontaires qui jouent aux cartes plus bas vers la plage retentissent parfois, brisant le silence du rivage qui semble être le silence de l’île toute entière. Inlassable, la mer, à quelques dizaines de mètres, régulière, emporte quelques voiliers et catamarans du nord vers le sud. Plus loin, la Turquie. À moins de deux kilomètres. Ses hautes montagnes entremêlées se confondent tout-à-fait, et disparaissent aussi parfois dans une brume passagère.

C’est à peine si j’ose moi-même sortir de l’hôtel pour ne pas réveiller l’île qui somnole. Alors, je décide de déballer mes affaires puisque je n’ai pas encore vraiment pris le temps de le faire, et découvre dans une de mes valises une sorte de petit gecko en train de grignoter un sac de fruits que je suis allé acheter la veille à Vathi avec Keara et Mela.

Les samedis sont des jours de fête sur l’île. Après avoir joué à ce que mon ami jordanien appelle les checkers (les dames) toute l’après-midi à l’hôtel au bord de la piscine, nous sommes invités à nous rendre à Pythagorio, une grande ville de l’île, pour supporter les filles d’Archipelagos qui participent à la Hera’s race, autrement dit la grande course annuelle de 7km. L’événement qui débute le festival de fin d’été de Samos, s’achève aux pieds du temple d’Héra, déesse du foyer, en l’honneur de qui il est organisé. De fait, les filles sont mises en avant ce jour-là -jolie surprise dans une société conservatrice comme la Grèce. Les plus performantes coureuses -qui ne sont donc que des filles- sont ensuite au centre des animations. Les danseuses traditionnelles drapées de soieries blanches viennent à leur rencontre, les décorer de lauriers, comme le veut la tradition. Et il leur revient la gloire d’allumer la flamme olympique de la ville. Plus tard, dans le port, elles montent sur des bateaux sur lesquels sont juchés tous les enfants de la ville, à la main un flambeau. Puis les majestueux navires aux larges voiles blanches s’aventurent dans la baie et sur de petites barques privilégiés, les vainqueuses assistent au formidable incendie d’une embarcation d’offrandes prévue à cet effet. 
Entre la fin de la nuit et le début du jour, le retour, comme tous nos trajets, se fait en hitch-hiking, c’est-à-dire  en stop : depuis 20011 (la crise a commencé en 2008), l’état ne finance plus les bus de l’île, alors les lignes se sont arrêtées et les arrêts sont laissés à l’abandon. Les conducteurs s’arrêtent souvent, à condition qu’ils aient la place pour. Depuis les dortoirs, on ne perçoit plus que le chant des cigales et les vagues, lointaines, qui s’échouent, indolentes, sur la fine bande de plage. Dans la chambre, je remarque que les fruits ont encore été visités malgré mes précautions. Et notre visiteur s’est même permis de goûter aux pitas (pains grecs) que j’ai gardé de mon voyage en bateau jusque Samos. Il va falloir que je mène l’enquête !  

(J’essaierai de poster quelques photos malgré leur médiocre qualité demain, pour l’heure je tombe de sommeil et la seule chose qui me tienne éveillé doit être les piqûres de moustiques, si violentes)

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