Mer. 17 Août – Traversées

Parti.

Premier embarquement. Départ 21h10 Poros, petite  île de l’est du Péloponnèse – Arrivée 22h30 au Pirée. Amarrage éclair, embarquement immédiat, adieux émouvants, valises trop lourdes à porter, équipage expéditif, me trompe de siège attribué. Départ. Bateau vrombissant, passagères nombreuses et essentiellement grecques. Mal de tête. Je m’endors.

Je ne sais pas vraiment jusqu’où vous raconter mon volontariat. Je suppose que je m’en ferai une idée bien assez vite. Et je décide de dormir.

Second bateau. Embarquement au Pirée, 23h55 – Destination : Vathi, à 14h, le lendemain. On n’a souvent que quelques bribes de souvenirs de collège à propos du Pirée. Grand port commercial, vente d’esclave, incontournable en Grèce antique et dans toute la Méditerranée. Aujourd’hui, même de nuit je remarque son immensité : c’est plutôt une ville-port qu’un port. Il y a en fait plusieurs ensembles qu’on différencie par leur chiffre accolé à la lettre E. E7, la volée de passagères quitte hâtivement le bateau, m’emportant dans son flot, nous nous retrouvons sur les quais où une vingtaine de chauffeurs de taxis nous interpelle et propose ses services :  » Ταξί ! Ταξί ! ». Le port est tellement immense qu’on est presque obligé de s’y déplacer en véhicules motorisés.Les passagères ont l’air d’être des habituées ; quelques instants plus tard, toutes ont déjà quitté le quai, me retrouve seul au milieu de cinq chauffeurs, bien décidés à rentabiliser leur soirée passée à attendre les ferrys.

J’étais un peu perdu. Puis un couple grec m’a indiqué comment me rendre au bateau Nissos-Rodos. Et je me rappelle encore en pleine nuit les 2 000 passagers piétons de toutes nationalités que nous devions être, attendre que notre ferry se vide pour y monter. C’est un ferry assez neuf et moderne. Ou du moins s’en donne-t-il les allures. À l’intérieur, les télévisions, souvent plusieurs par pièce, alternent leurs diffusions entre des re-play des J.O et un dramatique accident de migrants, réfugiés peut-être. L’émission, des plus fantasmées, a de quoi terroriser tout.e Européen.e ; images glauques, de nuit, nombreux enfants blessés accidentels, panique, sirène, vision d’horreur. Les secours paraissent même moins nombreux que les caméras de reporters qui les suivent. Cela devrait d’autant plus me faire peur que l’île de Samos est régulièrement un lieu où échouent ce genre de bateau. Pourtant, je décide de plutôt garder en tête le formidable tag du quai E8 qui m’a tant ému. 

Le premier mur que l’on aperçoit en arrivant au Pirée.Quelque chose de vraiment extraordinaire quand on se rend compte de la pauvreté relative du pays.

Le compartiment E6du Pirée où j’ai rencontré le couple grec qui m’a indiqué le bus à prendre pour rejoindre mon bateau

Direction Samos !

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